Cher toi,
Tu en connais peut-être aussi, des gens capables de diriger une entreprise, d’arbitrer des décisions complexes, de négocier des contrats importants, de manager cinquante personnes et d’absorber une pression que beaucoup ne supporteraient pas une semaine. Et qui étrangement ne savent absolument pas quoi faire d’un « Il faut qu’on parle. »
C’est probablement l’un des paradoxes qui me fascinent le plus dans mon métier. J’accompagne beaucoup de personnes remarquablement compétentes, des chefs d’entreprise, des DRH, des Sales Directors, des thérapeutes reconnus, des entrepreneurs, des créatifs, des artistes, des tatoueurs, des cerveaux rapides, cultivés, stratégiques, bref des gens qui bâtissent, dirigent, inventent, décident…certains parcours m’impressionnent sincèrement.
Et pourtant, lorsqu’ils sont face à moi en consultations, les titres professionnels et la posture qui va avec restent dans la pénombre parfois…tout bonnement parce qu’on peut avoir appris à réussir dans à peu près tous les domaines de sa vie et n’avoir jamais véritablement appris à être compétent en relation affectives. Bingo! Ce ne sont pas les mêmes compétences.
Le monde professionnel récompense volontiers notre capacité à décider, résoudre, anticiper, optimiser, convaincre, contrôler…tandis qu’une relation nous demande parfois exactement l’inverse. Écouter sans immédiatement proposer une solution? Accepter de ne pas avoir raison? Formuler un besoin sans transformer l’autre en prestataire chargé de le satisfaire? Ou encore, entendre une critique sans rédiger mentalement sa plaidoirie pendant que l’autre parle?
Je m’infiltre dans la brèche, également supporter la frustration, réparer, se laisser influencer, composer avec une personne qui (scandale ultime) n’est pas conformément comme nous.
J’ajoute une autre évidence si tu estimes que j’enfonce des portes ouvertes : manager une situation et habiter une relation sont bien deux métiers très différents :).
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